Un stade qui fait vibrer une région

Il ne se trouve qu'à quelques encablures du Louvre-Lens. Un stade historique qui a vu des victoires, des défaites mais surtout une liesse de supporters qui s'unissent aux couleurs d'un club Sang et Or. 
Sang et Or, en référence aux couleurs de l'Espagne. L'histoire raconte qu'en 1923, le président Moglia et ses joueurs passent devant l'Eglise Saint Léger alors en ruine. Eglise qui était le dernier vestige de l'occupation espagnole en 1648. Finit le noir, place au rouge et jaune !

 

Le Stade s'est refait une beauté

C' est parce que les chiffres n’évoquent pas grand chose qu’on use de métaphores. Tenez par exemple, si on vous dit que la nouvelle structure métallique qui supporte les toitures du stade Bollaert-Delelis font 3700 tonnes, ça ne vous parle pas vraiment. En revanche, si on précise que ça équivaut au poids de quatre rames de TGV, on en mesure mieux le gigantisme. Comme pour nombre de chantiers, la rénovation du chaudron lensois pourrait se limiter à un glacial listing : immenses poteaux porteurs de 73 mètres de haut, 38 200 nouvelles places assises avec dossier - dont 1700 réservées aux visiteurs -, treize nouvelles friteries installées à l’intérieur, 3000 m² d’espaces cosy dédiés aux partenaires, une tour de sécurité rénovée, des accès billetterie désormais au pied de chaque tribune, etc.-etc. Mais l’essentiel est ailleurs. « On a changé Bollaert sans changer son âme », résume Damien Vanoise, directeur des opérations et de la sécurité.  

L’humanité comme patrimoine

Ce n’est pas la première fois que le mythique stade à l’anglaise[1] est sens dessus-dessous. Et il ne faut pas remonter bien loin. En 1998, trois des quatre tribunes sont remaniées. Neuf ans plus tard, à l’occasion de la Coupe du monde de rugby, des écrans géants sont posés, les grilles qui cernent l’aire de jeux abaissées. Les travaux se succèdent mais la mentalité demeure intacte depuis la création du stade le 18 juin 1933 [2]. « Les travaux auront certes un impact positif sur la fluidité des mouvements, sur le confort lié à l’accueil des spectateurs et à la visibilité au sein du stade. Mais ici, on a le sentiment que l’humain l’emporte sur tout le reste », enchaîne D. Vanoise. Ce n’est pas un hasard si le Racing Club de Lens a vu le jour en 1906 au café Douterlungne. Une histoire d’amitié. Ici la simplicité a toujours raison du faste. Les différents noms attribués aux tribunes témoignent de cette humilité. Delacourt ? un membre fondateur du club des supporter. Trannin ? un ex directeur sportif ? Lepagnot ? un ancien journaliste. Marek ? un ancien joueur devenu entraîneur. Ici plus qu’ailleurs, l’Euro 2016 sera d’abord une question de ferveur populaire.

[1] Comme dans les stades anglais, à Lens, les quatre hautes tribunes se font face. Il n’y a pas de virage et de piste ogivale.
[2] Le stade Félix Bollaert a été construit par 180 mineurs au chômage reconvertis en maçons, charpentiers et terrassiers. Un palliatif intelligent pour faire face à la crise des années 30.
Crédits Photos  : www.rclens.fr | Cardete Huet Architectes & Atelier Ferret Architectures

Informations pratiques

Stade Bollaert-Delelis
Avenue Alfred Maes,62300 Lens
03 21 13 65 31
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