Veni, vidi, bibi : je suis venu, j’ai vu, j’ai bu !

Visiter une micro-brasserie sur un air jazzy, découvrir les coteaux « Charbonnay » en grimpant sur un terril, parcourir le monde en sirotant un café… Autour du Louvre-Lens, il y a mille et une façons de « boire » la vie en rose.

Très « bière » d’être du Nord ! 

De la pression des pneus à la bière pression, il n’y a qu’un pas que Julie et Olivier ont franchi en transformant un garage du centre ville de Carvin en Brasserie de Mai. Accueillis par des tresses de houblon, vous débouchez sur… une immense cour intérieure sous sheds où tous les deux mois on célèbre en fanfare la naissance de la cuvée éphémère. Ce qui reste en revanche, c’est l’immense verrière derrière laquelle vous devinez le labo et le resto. Ici, le pain et les crackers sont réalisés à partir des drèches de Caravan. L’un des quatre breuvages brassés sur place avec la Nuage, la Petite fleur et la Cafù. Référence aux femmes qui triaient le charbon  à une époque où l’euro n’existait pas. D’ailleurs, une fois le repas terminé, faites comme tout le monde : demandez à Julie une pièce d’un franc, allumez le juke-box et, sur un air de Sidney Bechett, explorez ce lieu magique peuplé de vieux appareils photos et de transistors qui crépitent.

Le goût de recevoir

Ragaillardis, vous pourrez alors filer à Hordain, déguster la Choulette, dans l’une des bras­se­ries arti­sa­na­les les plus anciennes du Nord Pas-de-Calais. Une tradition familiale depuis 1895 ! On continue la route vers Bénifontaine, petit village réputé pour sa Ch’ti vendue jusqu’au Japon. 100 % autonome, la visite de la brasserie Castelain serpente dans les anciennes installations et donne sur les nouvelles. On va à son rythme, on caresse le cuivre du levurier et on apprend qu’avec 32 litres/an/habitant, la France pointe à l’avant-dernier rang des pays de l’UE consommateurs de bière ?!? Vite, pour inverser la tendance, rendez-vous à l’étape suivante pour une mémorable dégustation en compagnie de Bertrand Castelain. Vous serez alors mûrs pour vous poser Chez Marcel et tremper vos lippes dans une blonde au café, une IPA à la chicorée ou une Imperial Stout. Une bière noire sortie des cuves de la brasserie Saint-Germain qui dégage des notes de noix de coco.

Vins et spiritueux

Entre nous, cette brasserie a le chic pour faire voyager. En décembre, elle vous embarquera en mer du Nord avec la sortie très attendue de son premier whisky. Qui sait, l’élixir trouvera-t-il une place à côté d’un genièvre de Houlle sur l’étagère des Vins gourmands à Lens ? Cette boutique tenue par Laurent Devos (président des sommeliers des Hauts-de-France) est une merveille. Deux fois par mois, l’infatigable placomusophile (collectionneur des plaques de muselet) organise des soirées dégustation autour d’un plateau de fromages. L’occasion pour vous de repartir avec une bonne bouteille à déboucher entre amis. Pourquoi pas dans les jardins de Cité Nature à Arras ? Juste à côté des vignes pédagogiques de l’ancienne lampisterie.

Déguster des bières artisanales, c’est faire vivre aux clients une exploration qui mobilise les cinq sens. 

Un café pour la route ?

Pour qu’il soit parfaitement réussi, le circuit doit s’achever par un p’tit noir. Dans le Nord, le café, c’est sacré. Et la torréfaction, un petit spectacle que Laurent Baysse maîtrise à merveille. Dans sa brûlerie du cœur de Lens, l’artisan décline la quintessence des cépages (Bourbon, Typica, Geisha). Deux choix s’offrent alors à vous : soit vous embarquez direction Costa Rica ou Vietnam, soit vous reprenez la route pour Féchain où Patrick Pasqueille vous attend aux Cafés Pierrette. L’affable gringo, reconnaissable à son Panama et à ses bacchantes en guidon, promet une visite mémorable. Qui s’achève invariablement par une dégustation. Voire deux. Car le torréfacteur sonne toujours deux fois.

La torréfaction, tout comme la consommation de café, fait partie de notre patrimoine

Le saviez-vous ?

Du vin ch’ti, cep’possible ! Depuis 2011, de la vigne s’épanouit sur le flanc sur du terril 2bis d’Haillicourt. Précisément entre 110 et 160 mètres d’altitude. Si les quelque 800 bouteilles de ce précieux « Charbonnay » s’arrachent avant même d’être vendangées, l’exploration des coteaux est possible toute l’année. A condition bien sûr d’être aussi agile que les chèvres qui désherbent les alentours car les pentes peuvent atteindre les 70%. On appelle ça une expérience en sol mineur.

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

Informations pratiques

  • Brasserie de Mai, 50, rue Plachez à Carvin. Tél. : 09 84 21 14 53
  • Brasserie Castelain, 13, rue Pasteur à Bénifontaine. Tél. : 03 21 08 68 68
  • La Choulette, 16 rue des Ecoles, 59111 Hordain. Tél. 03 27 35 72 44
  • Chez Marcel, 30, rue de la Taillerie à Arras. Tél. : 09 87 07 37 29. Ouvert du mardi au dimanche à partir de 17 h.
  • Brûlerie du Cantin, 61, rue Leroy à Lens. Tél. : 03 21 28 01 10
  • Brasserie Saint-Germain, 26, route d’Arras à Aix-Noulette. Tél. : 03 21 72 24 24
  • Les vignes du terril d’Haillicourt. Visites du lundi au vendredi après-midi. Renseignements et réservations à la Maison de la nature. Tél.:  09 63 61 15 04. Gratuit
  • Les vins gourmands, 40, rue Lanoy à Lens. Tél. : 03 21 70 01 20
  • Cité Nature, 25, boulevard Schuman à Arras. Tél. : 03 21 21 59 59
  • Café Pierrette, 35, rue des Frères Martel à Féchain. Tél. : 03 27 95 75 55 – Visites de préférence le mardi matin.
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