Côtes de popularité

D’en haut, tout est différent. On se sent léger, on domine l’horizon. Autour du Louvre-Lens, il existe mille et une façons de prendre de la hauteur. En escaladant un terril, en grimpant un beffroi ou encore en se rendant sur les points hauts qui ont à jamais marqué l’Histoire. A vous d’adopter la bonne altitude.

Sur le toit de la région 

Du haut de leurs 190 mètres, les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle sont un peu notre Himalaya à nous. De l’autre côté du territoire à Rieulay, avec ses 140 hectares, le terril des Argales est quant à lui le plus grand de la région. Chaque année, de part et d’autre, poussés par un vent de liberté, des colonies de randonneurs arpentent les flancs de ces montagnes de schiste. Au retour des beaux jours, le débutant n’oublie jamais sa paire de jumelles. Car là-haut l’attend le plus incroyable poste d’observation : une vigie de 360° pour un rayon de 30 km. Le sherpa averti y ajoute… une loupe. Contrairement au novice, lui sait que l’été y prospère une flore de type méditerranéen (pourpier, oseille à feuille d’écusson, achillée millefeuille) voire volcanique (Séneçon du Cap). A Loos-en-Gohelle, en période de migration, il n’oublie pas non plus sa canne-siège pour observer le turdus torquatus dans les roselières. Plus connu sous le nom de merle à plastron, ce volatile des Highlands d’Ecosse a pris l’habitude de nicher au creux des deux terrils avant de rejoindre le Maghreb. Mais il faut toujours s’armer de patience pour voir le bec d’un oiseau rare comme le verdier ou le tarier pâtre.

Tours d’horizon 

Le territoire offre une autre et très curieuse manière de prendre un peu de hauteur de vue. Certes, mieux vaut être à l’aise avec les vieux escaliers en colimaçon. Mais une fois l’épreuve surmontée, on se retrouve attablé à la plus belle terrasse circulaire du centre-ville. On appelle ça un beffroi. Typique du nord de la France, l’ouvrage fut longtemps le symbole de l’autorité politique. Aujourd’hui, il fait le bonheur des touristes avides de sensations fortes. Si vingt-trois beffrois des Hauts-de-France sont classés patrimoine de l’Humanité depuis 2005, le trio situé dans le giron d’Autour du Louvre-Lens mérite vraiment le détour. A Béthune, l’édifice aussi ancien (1388) que trapu (33 mètres de haut) est un miraculé. Pendant la Première guerre, il a échappé à une pluie de 70 000 obus. Contrairement à celui d’Arras, entièrement détruit. Reconstruit à l’identique, ce dernier a été élu monument préféré des Français en 2015. Planté au milieu de la place des Héros, il culmine à 75 mètres. On y accède par ascenseur puis par escalier. Une fois en haut, le spectacle est garanti. Quant au beffroi de Douai, sa splendeur n’a d’égal que le son de son célèbre carillon de 62 cloches pour un poids total de 18 tonnes. Comme ses homologues, le carillon de Douai entonne des ritournelles à horaires fixes. Mais le samedi en fin de matinée, un maître-carillonneur en chair et en os s’installe au clavier. Une visite-concert s’impose.

Hauteurs d’Ame 

C’est quand les premiers rayons de soleil effleurent ses courbes que l’Anneau de la mémoire est le plus émouvant. Perché sur les hauteurs du « plateau sanglant de Lorette », le Mémorial aligne 580 000 noms de soldats morts durant la Grande Guerre. Des noms gravés par ordre alphabétique, sans distinction de nationalité, de grade ou de religion. Selon les vœux de l’architecte Philippe Prost, un tiers de l’ellipse est en porte-à-faux, métaphore structurelle évoquant la fragilité de la paix. Depuis cette colline, on distingue aisément une autre hauteur qui elle aussi a marqué à jamais l’Histoire : la crête de Vimy. Le 9 avril 1917 à 5 h 30, quatre divisions canadiennes partent à l’assaut de la « butte de la mort » aux pieds de laquelle sont déjà tombés 150 000 hommes ! Trois jours plus tard, les alliés chassent l’ennemi. Reconnaissante à jamais, la France fait don au Canada de 107 hectares de terre d’où émerge  un immense mémorial reconnaissable à sa statue de mère pleureuse et à ses deux anges, symboles de Justice et de Paix.

Neige éternelle

Vous voilà à 114 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au loin, les monts des Flandres. A vos pieds, une piste de ski synthétique de 320 mètres de long. A Noeux-les-Mines, l’ancien terril 42 est passé du noir au blanc. Les amateurs de glisse viennent faire leur gymkhana entre les half-pipes, les bosses et autres tremplins qui rappellent les Alpes.

Informations pratiques

  • Terrils du 11/19, CPIE Chaîne des terrils, rue Blum à Loos-en-Gohelle. Tél. : 03 21 28 17 28 
  • Terril des Argales, Cœur d’Ostrevent tourisme, 34, rue de Chambéry à Pecquencourt. Tél. : 03 27 08 45 06.
  • Beffroi de Béthune, tél. : 03 21 52 50 00 – www.tourisme-bethune-bruay.fr
  • Beffroi d’Arras, tél. : 03 21 51 26 95 – www.arraspaysdartois.com
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