Sainte Patronne des mineurs

Le culte de Sainte Barbara débute au Moyen-âge et se propage grâce à son iconographie riche et abondante. Femme martyre et par le destin de son père (mort foudroyé), elle devient patronne de toutes les professions en contact avec le feu mais qui utilisent également la poudre : pompiers, artificiers, artilleurs... et bien évidemment mineurs. 

Barbara, la légende

Barbara, jeune demoiselle et fille d’un riche gouverneur est enfermée dans un donjon pendant que son père part en voyage.
Enfermée dans un donjon, pour lui éviter toute tentation et ainsi perdre sa virginité. Nous sommes au Moyen-âge et on ne rigole avec ces choses là.
Mais au lieu de perdre sa virginité, la légende dit que Barbara reçoit la visite d’un ange qui lui inculque le christianisme (sainte trinité, rédemption, etc.)
Mais Dioscore, papa de Barbara rentre dans une colère noire ! Car s'il y a bien une chose pire que de perdre sa virginité pour un père païen, c'est de devenir chrétien.
Ni une, ni deux, il l'envoie devant le juge Marcien qui tente de la dissuader de se convertir. Elle refuse et est condamnée à la torture. Fouettée, battue, brûlée... selon la légende Barbara ne sent rien. Pour finir, son père la décapite, qui par une certaine opération divine est aussitôt frappé par la foudre et réduit en poussière. 
Barbara devient une Sainte. Sainte Barbe !

Comment la reconnaître ? 

Sainte Barbe possède plusieurs attributs qui la rendent reconnaissable. 

  • La plume de paon qui fait référence aux fouets des bourreaux qui se transforment en plume de paon.
  • La tour qui fait référence au lieu dans lequel Barbara fut enfermée.
  • Le livre montrant Barbara étudiant les textes saints (dans sa tour évidemment).
  • Le ciboire, symbolise les derniers sacrements.
  • L'épée posée au sol qui rappelle la décapitation perprétrée par son papa Dioscore.

Plus qu'une religion, une tradition 

D'abord surnommée, la sainte du "feu" puis sainte de "tout ce qui tonne et détonne", la dévotion pour Sainte Barbe se répand dans tous les pays miniers et bien évidemment dans le Nord Pas-de-Calais. 
Comme une superstition, chaque fosse, entrée et fond des mines possédaient sa Sainte Barbe. "Moi, je ne suis pas un grand catholique, (...), je ne vais pas à la messe mais Sainte Barbe, j'y crois, quand on a vu tout ce qu'on a vu au fond, comment ne pas penser qu'elle nous a protégés". (Extrait de L'exposition « Sainte Barbe, culte et traditions » au Centre Historique Minier de Lewarde)

Le 4 décembre était une journée particulière dans le monde de la mine : jour chômé et payé dès 1946 mais aussi jour de fête (cérémonie religieuse organisée par les houillères, banquet, remise de médaille...) pour les mineurs et leurs familles. 

Casimir Kubiak, musicien dans l'orchestre Kubiak, jouait de la trompette et de la guitare dans les bals le week-end. Ils se sont produits de nombreuses fois aux grands bureaux pour les bals de la Sainte-Barbe qui se tenaient au rez-de-chaussée. Il se souvient : 

Tout le monde venait... pas seulement les mineurs. Il y avait beaucoup de monde et une belle ambiance. Des couples se formaient."

Et aujourd'hui ? 

Même si l'exploitation minière s'est arrêtée en 1990 (la dernière gaillette a été remontée en 1990 au 9-9bis de Oignies), les coutumes autour de la Sainte-Barbe perdurent. 
Dans de nombreuses villes du Bassin Minier des retraites aux flambeaux sont organisées. En haut des terrils par exemple. Et les bals foisonnent. Histoire de garder le meilleur des souvenirs de la mine. 

Aussi, comme date symbolique, le musée du Louvre-Lens a été inauguré le 4 décembre 2012. Implanté sur un ancien carreau de fosse, le Louvre-Lens en choisissant cette date, honore le travail des mineurs et montre que la reconversion du terroire se fait sans oublier le passé. Mais en s'en imprégnant. 

Pour connaître, plus d'anecdotes sur la Sainte-Barbe, le Centre Historique Minier a édité un catalogue de l'exposition. Pour le consulter, c'est ici