A Arras, le 7e Art, c’est pas du cinoche

Créé en 2000, l’Arras Film Festival s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable du 7e Art. Du 4 au 13 novembre, la capitale artésienne accueille des acteurs, des réalisateurs et des producteurs venus de toute l’Europe. Plus de 40 000 spectateurs sont attendus.

Véritable panthéon du 7e Art, la liste des des invités d'honneurs compte des personnalités aussi prestigieuses que Rosanna Arquette, Jean-Paul Rappeneau, John Boorman, Patrice Lecomte, Sydnet Lumet ou Claude Chabrol. Pourquoi tant d’amour ? «Peut-être parce qu’ils croient en la diversité des genres ainsi qu’à notre approche humaine de l’événement », avance Eric Miot, Délégué général de la manifestation. Puis d’ajouter : « A Arras, on ne fait pas dans le clinquant mais dans l’émotionnel. Ici, le public participe, échange avec les comédiens ».

Ville-plateau, destination décor

Chaque année pendant dix jours, Arras accueille l’Europe. Façon pionnier des hautes plaines, le festival « ouvre les yeux sur le monde actuel, reprend E. Miot. D’où la place importante dévolue aux œuvres inédites et aux avant-premières. Bien sûr l’exercice comporte des risques. Mais les retours sont extraordinaires. Quand en 2014 on projette avant tout le monde la Famille Bélier, on est loin d’imaginer le succès qu’aura ce film. » Et quand le réalisateur roumain Calin Peter Netzer reçoit l’Ours d’or à Berlin pour Mère et fils en 2013, tout le monde se souvient avec une pointe de fierté que, trois ans plus tôt, le festival lui attribuait le Prix de la mise en scène pour Médaille d’Honneur.

Fou du grand écran depuis son plus jeune âge, Eric Miot conçoit qu’Arras a tout du décor de cinéma. Dentelle de façades, places resplendissantes, monuments inscrits Unesco devant lesquels Jacqueline Bisset et Claude Lelouche restent pantois. Sauf qu’il y a dix-sept ans, aussi beau fut-il, l’écrin était vide. « C’est comme dans les westerns. On a construit la gare avant la ville. Aujourd’hui, c’est différent. Le festival a mûri, la ville est associée au cinéma », reprend E. Miot. Tout comme la région d’ailleurs. Auréolé d’une lumière incomparable, le Bassin minier a pour ainsi dire toujours attiré les caméras, de Lens (Passe ton bac d’abord, Maurice Pialat, 1974) à Arenberg (Germinal, Claude Berri, 1993) en passant par Arras (Pas son Genre, Lucas Belvaux, 2014). Certaines images restent en mémoire comme Yolande Moreau tournant autour du rond point de Noeux-les-Mines dans Quand la mer monte. Et le scénario n’est pas près de s’arrêter. Cette année, on a en effet pu croiser la longue silhouette de Michaël Haneke à Douai où il tournait quelques scènes de son dernier film Happy end. On a pu aussi apercevoir Gérard Depardieu au stade Bollaert-Delelis de Lens dans le cadre de Tour de France de Rachid Djaïdani. Autant dire que le clap de fin n’est pas pour demain.

Deux rétrospectives, tel est le prix de la liberté

Tous les ans, le Arras Film Festival propose un volet rétrospectives. Cette année, il sera question d’évasion (« Evasion à tout prix ») et de résistance à l’oppression (« La Guerre d’Espagne, une tragédie européenne »). Deux genres différents qui appellent deux combats différents.

Se faire la malle

Traqué par une ribambelle de Nazis, Steve Mc Queen, jambes arquées sur sa moto, cherche désespérément à franchir une ligne de barbelés. Aussi longue qu’haletante, cette scène de La Grande évasion (1963) est l’archétype du film de cavale. Depuis toujours, les camps de prisonniers, les geôles, les bagnes et autres lieux infranchissables tant par l’épaisseur que par la hauteur de leurs murs, nourrissent l’imaginaire des réalisateurs. Le 17e Festival d’Arras revient sur des films mythiques qui ont pour point commun l’évasion de leurs héros. Ou tout au moins la tentative d’évasion. Parmi eux, vous pourrez voir ou revoir L’Evadé d’Alcatraz de Don Siegel (1979), Le Trou de Jacques Becker (1960), Chicken run de Peter Lord (2000) ou encore la première version du Comte de Monte-Cristo d’Henri-Frescourt (1928).       

Résister face à l’oppresseur

600 000 morts. Tel est le tragique bilan de la guerre civile espagnole (1936-1939). S’en suit une période trouble connue sous l’appellation du régime de Franco. Bien qu’occultée par le poids de la Seconde Guerre mondiale qui lui emboîte le pas, la Guerre d’Espagne a donné lieu à de nombreuses créations cinématographiques. En proposant une rétrospective sur ce thème, l’Arras Film Festival réactive le travail de mémoire. Pendant toute la durée du festival seront projetés des films poignants comme Mourir à Madrid de Frédéric Rossif (1963), quelques inédits comme Soldatos de Salamina de David Trueba (2003) et La Voz dormida de Benito Zambrano (2011) ou le sensationnel Land and freedom de Ken Loach (1995).    

Le festival d’Arras, ce sont :

  • Plus de 250 projections

  • Plus de 30 pays représentés

  • Plus de 42 070 spectateurs enregistrés en 2015. Dix ans plus tôt, on en dénombrait 6 814.

  • 1 spectateur sur deux vient de la région

  • 90 % d’entre eux plébiscitent la programmation

  • 72 % sont des spectateurs réguliers

  • Après Cannes, l’Arras Film Festival est l’événement qui présente le plus d’inédits
    et d’avant-premières en France.  

Informations pratiques :

Arras film festival, Du 4 au 13 novembre 2016
www.arrasfilmfestival.com
Plan-Séquence
3, rue emile legrelle a arras
T : 03 21 59 56 30

 

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