L’archéologie est une science trépidante car elle révèle le passé sous un jour nouveau.
A Arras, une exposition rassemble près de 300 objets déterrés ayant appartenu à des soldats. Cent ans après la Grande Guerre, les tranchées protègent de l’oubli.   
 

Comment reconnaît-on une tranchée britannique ? C’est simple, c’est celle où l’on trouve des bouteilles de Perrier. C’est l’archéologie qui nous en fournit la preuve. « Quelques années avant la Première Guerre mondiale, la source a été rachetée par un Anglais [Sir John Harmsworth]. Avec sa silhouette en forme de poire inspirée des massues de jonglerie, la bouteille de Perrier était très résistante au choc, très maniable sur terrain accidenté, indique Alain Jacques, archéologue et directeur du service archéologique de la ville d’Arras. Bref idéale pour les soldats. Les Anglais sont des gens pragmatiques. » Et les archéologues des hommes pugnaces.

Quand on creuse, il ne faut pas s’étonner de tomber sur un os. En 1995, le chantier de réaménagement de la RN 17 Arras-Lens dévoile carrément le corps d’un soldat français. « Ce jeune homme était là depuis cent ans. Je vous laisse imaginer la charge émotionnelle de la découverte », reprend l’expert. Depuis cette date, de nombreuses autres dépouilles ont été retrouvées le long de la ligne de front. Ainsi que des milliers d’objets de la vie quotidienne de l’époque. Il était temps de leur faire prendre l’air.  

Lunettes et catapulte

Ce serait trop long de pointer chaque objet déterré et exposé au sous-sol du Casino d’Arras. Dans les grandes lignes, l’exposition « De terre et d’acier, archéologie de la Grande Guerre » révèle de la vaisselle d’époque, des assiettes, des gamelles, des couverts. Elle dévoile bien sûr des armes comme des obus, des grenades ou encore les fameuses balles au phosphore. « En 1914, tout le monde pronostiquait un conflit court. Deux, trois mois tout au plus. Finalement, la guerre de position s’est imposée des deux côtés de la ligne de front. Quatre ans au même endroit, ça laisse des traces », souligne Laurence Mortier, directrice adjointe de l’Office de tourisme d’Arras.

Les soldats s’installent dans les tranchées, mangent, dorment, reçoivent des colis, prennent des habitudes. « La découverte de lunettes, d’étuis à savon ou de boîtes de conserve n’a rien de surprenant », précise Alain Jacques. Ce qui l’est plus en revanche, c’est l’exhumation d’une catapulte et d’une bombarde. « Les tranchées étant devenu trop hautes, les soldats ont remis au goût du jour des armes médiévales pour atteindre l’ennemi. » Dans une certaine mesure, vous aussi vous serez touchés.

Informations pratiques 

Exposition De terre et d’acier, archéologie de la Grande Guerre, du 9 avril au  23 août au Casino d’Arras. 
3, rue Emile Legrelle entrée rue St Géry.
Ouverture : du mardi au dimanche de 11Hà 18h, fermé le lundi.
Entrées 5 euros / 4 euros.
Renseignements à l’Office de Tourisme d’Arras (03 21 51 26 95) et sur www.explorearras.com

Si l'archéologie vous passionne, poursuivez votre chemin à Arkéos, le musée-parc de Douai qui vous emmène à découvrir les origines de l'humanité. 

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