La Grande Guerre, dans le viseur des soldats 

Installé sur les hauteurs de Souchez, le Centre international d’histoire de la Première Guerre mondiale s’articule autour de chapelles qui constituent autant de chambres noires. Sur leurs murs, les photos d’époque ont été prises au plus fort du conflit par les soldats eux-mêmes. Le résultat est saisissant de vérité.

Quatre cubes noirs de jais aux arêtes tranchantes comme des baïonnettes. Pas d’allées fleuries ou de musique d’ambiance qui maquillent la réalité. Juste du béton et de judicieux jeux de lumière naturelle. L’austérité du Centre international d’histoire de la Première Guerre mondiale est la volonté de Pierre-Louis Faloci. Autant architecte que scénographe, l’homme a souhaité harponner le visiteur par ce qu’il appelle lui-même une « esthétique de la menace. » Stratégiquement posé sur les hauteurs de Souchez tel un bunker aux aguets, l’inquiétant édifice tranche avec la douceur du paysage qui l’accueille. Histoire de nous rappeler qu’il y a cent ans, cette région précisément fut le théâtre d’une des pires tragédies que le monde contemporain ait jamais vécues.

A l’aube de la Première Guerre mondiale en effet, Souchez et toutes les communes environnantes sont le cœur du conflit, pour ne pas dire son sulfureux épicentre. Ce nouveau lieu de mémoire est là pour nous le rappeler.

Pour nous le raconter même. Mais pas de manière conventionnelle. Le discours de Lens 14-18, centre d'Histoire Guerre et Paix de Souchez repose en effet sur des photos prises par les soldats eux-mêmes, toutes nations confondues. Quatre-cents photos disséminées dans quatre chapelles.

Des photos loin des clichés 

La visite, qu’on vous conseille chronologique, se découpe en sept secteurs. On passe d’une chapelle à l’autre tandis que le temps s’écoule. A l’entrée de chacune d’elle, une carte interactive rend compte des forces en présence sur la ligne de front Artois-Flandre française. Le célèbre « Verrou de Souchez », situé entre les deux points hauts que sont la colline de Lorette et la crête de Vimy, est largement étudié. Au fil du périple, on découvre des armes d’époque (fusils, mitrailleuses, mortier), on pénètre l’intimité des soldats à travers des objets personnels : un encrier, un nécessaire de toilette, une trousse de secours, un calepin, une bouteille de lait concentré, un porte-bonheur.

Mais le quotidien le plus frappant, ce sont ces photos prises dans le feu de l’action. Elles happent le regard, forcent l’admiration et leur tragique beauté fait se serrer les gorges. On assiste en direct au « Dynamitage de l’église de Saint-Martin-sur-Cojeul », on épie des « Soldats à l’affût derrière une barricade » à Saint-Laurent Blangy, on accompagne des obusiers britanniques placés sous un filet de camouflage, on guette une « Colonne de soldats allemands dans les ruines de Bullecourt », on est aux premières loges quand passent les chars néo-zélandais à Grévillers, on contemple le cœur gros la « Vue générale des ruines de Lens dévastée. » Des photos valent mieux que de beaux discours.

Informations pratiques

Centre international d’histoire de la Première Guerre mondiale, « Lens’14-18, Centre d’Histoire guerre et paix », 102, rue Pasteur – 62 153 Souchez.
Tél. : 03 21 74 83 15
Renseignements sur lens14-18@tourisme-lenslievin.fr et www.tourisme-lenslievin.fr.
Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h.
Exposition quadrilingue (français, anglais, allemand, néerlandais).
Entrée gratuite / audioguide : 3 €.

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